( 24 juin, 2008 )

Le revin du pére Lachanson .

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TRADUCTION EN BAS DU BILLET

Thieu qu’ol a en d’souc é ine istouére de Jean Briton déçi otout « pére lachanson », coume y nous l’a conté in biâ souér dans n’ine veuillé des Troubastrels , à Jharnat.
Le père Lachanson n’é pius de thieu monde dépeu vuit an-nés et jhe vous fout mon billet qu’y l’é atabyé de thiés temps au  bistro dau paradis . O faut savoére  que thieu pére Lachanson déci un jhor au thiuré : Creyiez vous qu’ol a t’a boére au paradis,  ne s’ri tout que dau vin d’meisse ? L’oute z’y répouni : dau vin de meisse et bien meux encoére! Le mau-créyiant a capouné à cause de thieu, sentant beun qui vieud’zirai pas jholiment mé il a signifié : quanque o s’ra l’moument , thiuré ameune te  aveuc ta robe négue , ton bonyieu et ton saint frusquin , jhe te foutri pas d’hiaure  si ol é d’min-me!

Voéla don soun’ istouére , que les anciens  aviant dèci in peu peurtout :

Thieu cot la , en s’rendant de chasse jhe passions à l’adret dau cimentiére dau Seure . jh’avis le fusiye sus l’épale coume o convint dans in villaghe. Thieu cimentière à in pourteau à deux battants dans n’in porche, sus thieu porche, gossé à mi-me la piarre o s’trouve ine croé des ghens dau bonyieu. Coume jhe passions, in méchant graulâ  a teurché moéyien de feire son apoue sus thielle croé et thielle enghance  enteurpri de nous agoniser de sotises et d’nous feire des croâ croâ  qu’ol en éti des insultations qu’étiant m’en doute pis que pend’. Jh’armi le fusiye , reculi de treize pas et miri  thielle estamelle  d’osiâ négeurzi . Quanque o peuta y sauti tout dret en l’ jhâ et chéyi sus ses pattes, sus  l’oute coûté de la croé  en silant coume in ghoret, au raspect que n’on vous doét . Y fazait vilain  et les outes moquassous se foutiant de ma goule  ! O me metti en peutrasse. « Te vouéla ine oute cartouche ! au prix vour qu’ale sont ! Jhe va t’étriyer le pelaghe, veurmine de tarze à queurva » . O peuta in cot d’mé, les outes étiant copé t’en deux , le groliâ sautiquait d’in couté sus l’oute de la croé  . Y se jhuchi sus le jhâ de thieu crusifiss et dret sus ses pattes, i l’épari les alles coume l’aigle des prussiens . O z’y saiyi dau bet in’ aspèce de remeulon quaziment à la façon dau roumau de la mourine . Jhe voyis deus euils pus négues que le thiu d’ine pouéloune  qui me garochiant des éloises. Thieu roumau se torni en n’in ricassaghe de sorceleu. Marde, y se fout d’moé!!!! et là… jhe peurni  t’ine cheuvrotine !  « Argarde bein thieu l’euil si l’é pas nègue, salopiau !  » Jhe le miri coume o faut, in grand moument, sans trembié, au pien mitant dau jhabot . Savau de c’qui fazi ?… Y se  torni de bout, r’monti la quoue et …Y me …. Y me chia ine beurne !!!   O fazi qu’in pet…..  coume la chaline  …… quanque la piarre a peuté en dix mourciâs.
Y m’avant teutous déci  que j’éti beuillot, qu’ol a jhameis oyut d’oziâ sus la croé, qu’ol fallait s’arracher de là si jhe voulions pas nous ar’trouvé en camisole à l’ésquirole .

Jhe z’ou sais, moé, qu’y s’trouvait bein ithy thieu l’ouziâ, sus thielle croé ,  que jh’étit point fou peurdu et jhe nous sont ensauvés en songheant qu’ol étit in revin. Si ol en éti pas in, raste pus qu’o seyisse l’ôte.  A moué  dont , boune ghens !!! . Beurnençio !!!

 

Ce qui est en dessus est une histoire du père Briton dit aussi Père Lachanson, comme il nous l’a conté un beau soir, dans une veillée des »Troubastrels  » à Jarnac .
Le pére Lachanson n’est plus de ce monde depuis huit ans et je  parie qu’il est atablé au bar du paradis. Il faut savoir que ce père Lachanson a dit, un jour, au curé : Croyez-vous qu’il y a à boire au paradis,
serait-ce  seulement du vin de messe ? Le prêtre lui répondit : du vin de messe et bien mieux encore !
Le mécréant a abandonné à cause de cela, sentant bien qu’il ne vieillirait pas beaucoup plus il a fait savoir : Quand le moment sera arrivé , curé viens avec ta soutane, ton bon dieu  et ton Saint frusquin, je ne te mettrai pas à la porte, si c’est ainsi !

Voici donc son histoire , que d’autres générations ont raconté autrement avant lui :

Cette fois là , en retournant de la chasse, nous passions en face du cimetière du Seure.

J’ avais le fusil sur l’épaule comme il se doit dans in village. Ce cimetière a un portail à deux vantaux, dans un porche. Au-dessus de ce porche, taillée dans la pierre, est dressée la croix des chrétiens. Au moment où nous passions, un infâme corbeau a trouvé le moyen de se poser sur cette croix et cette engeance  se mit en devoir de nous insulter et de nous dire des bêtises avec des croassements  pis que pendre ! J’armais le fusil , reculais de treize pas et visait cette saleté d’oiseau noir.
Quand se fit le pet, il sauta  et retomba sur ses pattes, sur l’autre branche de la croix en criant comme un « goret », (sauf le respect qui vous est dû). Il criait vilainement et les autres ( chasseurs ) se moquaient de moi. Cela me mit en rage :
 » Te voilà une autre cartouche ! au prix où elle sont vendues !! Je vais te peigner les plumes , vermine de « tarde à crever ! » «    Le coup claqua une fois de plus, les autres (chasseurs ) etaient  pliés de rire, le corbeau sautillait d’une branche à l’autre de la croix. Il se percha sur le haut du crucifix et, droit sur ses pattes il étendit ses ailes à la façon de l’aigle Prussien. Il lui sortit du bec une sorte de grognement, presque  le râle de la mort. J’ai vu deux yeux aussi noirs  que le fond d’une poële et qui me
lançaient des éclairs. Ce râle se transforma en in rire satanique de sorcier.  Merde  « sauf le respect » que je vous porte, il se moque de moi !!!!  Et la ….. je pris une chevrotine !!  » Regarde donc mon oeil , s’il est bien noir  (le canon du fusil ), salopard ! «   Je le visais comme il faut , longuement,  sans trembler, en plein centre du poitrail. Savez vous ce qu’il fit? … Il se tourna  d’un demi tour, releva la queue et ….. Il me …. Il me  « chia »  une crotte  !!!! Le fusil ne fit qu’un pet, comme un coup de tonnerre, et ……. la croix de pierre a éclatée en dix morceaux !

Ils m’ont tous dit que j’etais un illuminé , qu’il n’y avait jamais eu d’oiseau sur la croix et qu’il valait mieux partir d’ici au plus vite si nous ne voulions pas être internés avec la camisole de force à Esquirol(*) !
Je le sais bien moi qu’il était là, cet oiseau, sur cette croix et que je n’étais pas fou . Nous nous sommes sauvés en pensant que c’était un fantôme : l’âme d’un mort revenu sur terre . Si cela n’était pas un fantôme, ce ne pourait plus être que … l’autre (le diable ).     A moi alors, bonnes gens … c’est répugnant  !!!

(*)Voir Jean-Étienne Esquirol      

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