( 23 juillet, 2008 )

Saint Martin

stmartinphoto2.jpg  Transcription Française  en fin de billet.

Saint Martin, jhuché sus son mistu, manqui cheire en in fondreau. Ol a oyut deus gâs por s’acruchuté a la quoue de l’animau. In, qu’avi empougné l’avir mouche de la drette et qui n’en éseupait le poel de la gauche, n’en volait les crins peur couduré les pattes de sa biouse ! Ol l’était « le crassoux », thieu qu’arit manghé ses beurnes deus côts por pas qu’o s’pardisse la nauriture .

L’oute, qui tirâgnait sus la biouse dau crassoux peur z’y feire enfarghe, étit l’envioux. Jhaloux coume in pouye qu’o seyisse pas l’y qu’ari les poels avour qu’y l’en avi grandement l’usaghe l’y tout.

Ol avi dont sus thiau charré dau paybâs, ine baurique de chéti mistu avec bintout pus d’poel sus la quoue, in crassoux aveuc le pochon pien d’poel et in envioux qui z’y éssartait la biouse à fine force la cruchté ! et….. bin sûr Saint Martin qui brayait l’bonyieu pasque l’en bas dau cru z’y levait l’thieur.
O cheyait point, mé o se désentraupait point.
Ol aurai rasté d’min-ne jhusqu’à la neut oub jhusqu’à pus d’poél si Saint Martin, qui queneusait combin les bauricots sont âres gueuli t’ in cot : hue baurique ! En z’y piâcrant in cot de galoche sus l’vente …… Le mistu fazi ce que fazant thiés bétiaires dau yabe : teurjhau de se que n’on coumande point ….. y rethuili !!

Saint Martin se trouvi bein pus beun eise ine foés sus les piarres dau routin. Coume y l’était in saint y l’u t’oyu la fiarté d’afistolé in mirakye, rinque istoére que les ghens dau pays bas gossiant por l’y, ine éstatue en la piarre de la font de Crouin.
«  Vous otes deus qui m’ avez opousé d’cheire, jhe vas vous baiyer grous, o peurmier jhe dounerais tout ça qui me pimera ! Peur l’oute, ol aura le doubye .!

Thiés gâs étiant ébobés paré ! Qu’o seyisse le crassoux oub’ l’envioux, y vouliant pas débadé en peurmier bin sûr, pisque o seri l’oute qu’ari le doubye. Le crassoux devint aimabye et se piégha t’en deus en thittant son bounet : « Jhe cré,qu’ol é toé le mé ancien , a toé l’houneur et aranghe te de façon d’avoére thieuque chouse de bein conséquent ! »

L’envioux torsai la goule outant que l’corpenion : jhe seus sus ine boune affeire , thieu fis de yiarce doét queurvé de piaisi d’empyire sa chause et ol en é une bein grousse et ine bein larghe .. Moé o m’en fra la peire ! Tape ton bet d’azar ! Tiau chéti aimeri meu engoulé ses dents que de reteni sa losse ! Y va pimé grous d’erghent !!
Peursoune débadait ! Saint Martin déci : Jhe seus point d’ithi et jhe va mon ch’min . Pisque vous voulez reun jhe va vous en douné de rang !
Ol é là que l’ envioux à capouné : « Grand Saint martin sauf vout raspect les crassoux sont coume les ghorets y sont bon à thieuque chouse rinque quanqu’ y sont bazi. Pisque que thiau sabiâ n’en veut l’doubye de moé, bayé z’y !………….. je veuri eite borgne ! « 

Ol é le mistu qui fazi le mirakye ! Ine sotille dans l’euil de l’enviou en peutant in cot et les deus jhambes sus la goule dau crassoux en n’ en peutant …… rinque in, mé le doubye pus grous !

Ol é a cause qu’asteur tout les ânes se châfrant Martin !

stmartin.jpg  Saint Martin, monté sur son âne faillit tomber dans un ravin. Il y eut deux hommes pour s’accrocher à la queue de l’animal. L’un avait attrapé la queue de l’âne de la main droite et qui en arrachait le poil de la main gauche. Il volait les poils pour coudre les boutons de sa blouse ! C’était « l’ Avare », celui qui aurait mangé ses excréments de crainte qu’il y reste quelques nourritures.

L’autre, qui tiraillait la blouse de l’avare pour le gêner, était l’ Envieux, il était jaloux comme un poux de ne pas avoir les poils d’âne car il en avait l’usage, lui aussi.

Il y avait donc sur ce chemin du pays-bas saintongeais une bourrique avec bientôt plus de poils à la queue, un avare avec un sac de poils et un envieux qui déchirait la blouse de l’avare …. et bien sûr Saint Martin qui en appelait à Dieu car la profondeur du ravin lui donnait le vertige. L’ équipage ne tombait pas mais ne s’en sortait pas. On en serait resté ainsi jusqu’à la nuit ou bien jusqu’à plus de poils, si Saint Martin, qui avait connaissance de l’esprit contradicteur des ânes, n’avait pas crié : « hue bourrique !» en lui frappant le ventre à coups de sabot. L’âne fit se que font les animaux diaboliques : le contraire de ce que l’on attend d’eux… il a reculé !!!
Saint Martin fut bien plus à l’aise sur les pierres du chemin. Comme il était Saint il fut fier d’arranger un miracle, histoire que les gens du pays-bas sculptent une statue de lui dans les pierres de la fontaine de Crouin.
«  Vous deux qui m’avez retenu je vais vous offrir beaucoup, au premier qui parlera, je donnerai tout ce qu’il demandera, le second, lui, en aura le double ! »
Voici deux hommes bien surpris, pensez vous ! Que ce soit l’avare ou l’envieux ils ne voulaient pas ouvrir la bouche le premier, bien sûr puisque ce serait l’autre qui aurait le double. L’avare se fit aimable et se courba en enlevant son bonnet :
«  Je crois que tu es le plus ancien, à toi l’honneur et fais en sorte d’obtenir quelque chose d’important ».
L’ envieux se tordait les lèvres autant que l’arrière train : « 
Je suis sur une bonne affaire, ce fils de garce* doit rêver d’emplir sa chaussette et elle est large et bien profonde ! Moi j’en obtiendrai la paire si je ferme mon bec, ce méchant aimerait mieux avaler ses dents que de taire sa langue ! Il va demander beaucoup d’argent !!! ».
Comme personne ne parlait, Saint martin dit : « Je ne suis pas d’ici et j’ai de la route à faire ! Puisque vous ne voulez rien, je vais vous en donner tout de suite ! »
C’est à ce moment que l’envieux a abandonné : «  Grand Saint Martin, puisque, sauf votre respect les avares sont comme les cochons, ils ne sont utiles que lorsqu’ ils sont morts, celui-ci voudrait le double pour lui, donnez lui donc ! ……. je voudrais être borgne !!! ».

C’est l’âne qui a accompli le miracle : un coup de sabot sur l’œil de l’envieux en lâchant un pet et les deux jambes dans la tête de l’avare en lâchant …. rien qu’ un pet, mais deux fois plus gros !!

C’est pourquoi, maintenant, tous les ânes s’appellent Martin .

*garce :  au sens premier  de jolie fille !
Les images font un lien avec l’école St Martin de la ville de Chambly , Quebec . A voir !
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